La Crise de 1929 et le développement du capitalisme en Haïti : une perspective de longue durée et une conjoncture perdue




Autor: Guy Pierre
Editorial / Instituto: Les Éditions du CIDIHCA
Lugar: Canadá
Año: 2015
Reseña:

La crise de 1929 est encore au centre des débats entre économistes et historiens économiques. Cependant ses causes, sa durée, ses impacts et sa portée ont été analysés jusqu’ici dans les pays du centre en particulier ou dans les pays périphériques les plus avancés. Pourtant un nombre important de pays très peu développés en furent aussi fortement touchés. Cet ouvrage cherche, sur la base de ce constat, à élargir l´espace des débats y afférents, en considérant le cas spécifique d´une économie de petite taille, à savoir l´économie haïtienne. Cependant, il s´agit, dans l´ensemble, d´un modeste essai. Qui indique, néanmoins, sur la base d´une approche méthodologique et théorique rigoureuse ainsi que sur la base d´une révision attentive de longues séries statistiques et de sources manuscrites, qu´en dépit des difficultés énormes qu´Haïti a connues pendant cette période, elle avait, comme la République Dominicaine et d´autres pays de la région, la possibilité de profiter de cette conjoncture pour asseoir de façon durable son développement et réorienter ainsi son destin. L´étude explique ce fait davantage par l´incapacité de l´équipe au pouvoir -Sténio Vincent et Lucien Hibbert notamment- de mettre sur pied -pour des raisons d´intérêts de classe bien entendu- une politique économique contracyclique que par la politique extrêmement cynique que le Financial Adviser General de l´époque- Sydney De La Rue- imposa à l´Etat haïtien avec l´appui du Haut Commissaire américain en poste. Elle indique aussi, enfin, en arrière fond, par le biais de l’analyse des mécanismes de remboursement accéléré de l’emprunt de consolidation de 1922 dans le cadre d’un régime fiscal orthodoxe et d’un régime de change fixe que les autorités monétaires locales durent suivre au profit exclusivement de La First National City Bank of New York, les premiers essais de mise en place sous les injonctions des centres dominants du système financier international, des politiques de sortie de crise de caractère néolibéral dans les pays périphériques.